LE DON DE SANG DANS LE ROUGE..

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jeu. 22 décembre 2022

L'Établissement français du sang est confronté à une inflation galopante, à une nécessaire revalorisation salariale de son personnel ainsi qu'à une baisse des ventes de produits sanguins qui pourraient lui coûter 90 millions d'euros en 2023. À l'approche des fêtes de fin d'année, l'Établissement français du sang (EFS) lance un appel aux dons. Seulement 80 000 poches de sang sont disponibles au moment où 1OO OOO seraient nécessaires pour répondre aux besoins immédiats des malades. Mais le manque de mobilisation des donneurs n'est pas le seul facteur à peser sur le nombre de poches de sang disponibles. Il manquerait en effet 90 millions d'euros à l'EFS pour assurer sa pérennité et celle des collectes qui permettent tous les jours de sauver des vies. 

Hémorragie de personnels : Jacques Allegra, président de la Fédération française pour le don de sang bénévole (FFDSB), estime que l'EFS « est confronté à une pénurie de personnel et à une impossibilité de recruter en raison d'un manque total d'attractivité parce que les salaires n'ont pas été réajustés sur l'inflation ». Cathy Bliem, directrice générale de la chaîne transfusionnelle des thérapies et du développement à l'EFS, rappelle que les salariés de l'EFS n'ont pas bénéficié des revalorisations prévues pour d'autres professions de santé par le Ségur 1 et le Ségur 2. « Donc on a dû demander à nos tutelles (le ministère de la Santé) une ligne budgétaire pour revaloriser nos salaires, sinon tout le monde allait partir », pointe-t-elle. Une enveloppe estimée à 30 millions d'euros, qui semble essentielle : l'EFS manque aujourd'hui de trois cents équivalents temps-plein, dont deux cents sur les collectes. En 2022, 2174 collectes ont été supprimées dans l'Hexagone en raison d'un manque de personnel, ce qui correspond à plus de 100 000 poches de sang. « L EFS n'arrive plus à accomplir sa mission de service public », alerte Jacques Allegra.

Le don de sang touché par l'inflation : Poches de sang, seringues et même les gâteaux offerts en collation : « tous les fournisseurs renégocient les prix à la hausse », fait remarquer Jacques Allegra, qui pointe que le don de sang n'échappe pas à l'inflation. Sans oublier l'augmentation du prix de l'énergie : « Dans nos maisons de dons, on est obligé d'avoir une température d'au moins 19 °C. Sinon, les veines se rétractent et c'est compliqué de prélever », précise-t-il. « On s'attend à une facture en augmentation de 30 millions d'euros à cause de l'inflation en 2023 », abonde Cathy Bliem. L'EFS entrevoit également une chute de 30 millions d'euros de son chiffre d'affaires l'année prochaine en raison d'une diminution de la vente de produits sanguins. « On a appris aussi, durant ces deux années, à mieux gérer le capital sanguin et cela amène à une baisse des besoins des hôpitaux en produits sanguins », remarque Cathy Bliem. « Or, c'est la vente de nos produits qui permet de financer notre activité. » La FFDSB déplore également la faible revalorisation du prix du sang et du plasma pour l'année à venir. Le conseil d'administration de l'EFS, le 16 décembre, n'a pas permis d'aboutir à un budget pour 2O23. Cathy Bliem ne désespère toutefois pas qu'un accord soit trouvé dans les prochains jours. Cette situation est d'autant plus inquiétante que les vacances de Noël font partie de ces périodes durant lesquelles les dons de sang ont tendance à baisser. Cathy Bliem appelle ainsi « tous les Français qui ont un peu de temps et qui ne sont pas malades » à aller donner, pour permettre aux stocks de l'EFS de se reconstituer.

Les adresses des lieux de collectes ouverts pendant les vacances sont disponibles sur le site https://dondesang.efs.sante.fr/