Malgré les explications de l’Établissement français du sang (EFS), la pilule demeure difficile à avaler dans les villages du secteur car elle vient s’ajouter à d’autres changements, déjà compliqués à accueillir pour les amicales de donneurs de sang.
À commencer par le prix alloué pour permettre à chacun de se restaurer après le don de sang : « Avant le Covid, le montant était initialement de 4,20 euros », précise Bernard Linder. Or, comme il variait en France d’un endroit à un autre, l’EFS a décidé de mettre tout le monde à la même enseigne. « Du jour au lendemain, dans toute la France, ce montant a été revu à 3 euros. Et là, des amicales ont arrêté, comme Monswiller ou Dettwiller, raconte-t-il. À l’époque, c’était un coup dur », se souvient-il.
Un repas et non une collation
Or, c’était sans compter les habitudes alsaciennes (et mosellanes) : les collectes ont souvent lieu le soir, afin de permettre aux travailleurs de s’y rendre. Elles se concluent donc, non pas par une simple collation, mais par un véritable repas. Lequel donne une note conviviale à l’événement, largement plébiscitée par les donneurs.
« Vous avez donné votre sang à 17 – 18 h après la journée de travail, ça mérite une collation améliorée, lance Bernard Linder. Et avec 3 euros, vous ne faites rien. » « On ne peut pas proposer un jus d’orange et une madeleine à 19 h le soir », complète Émilie Klein Bastian, présidente de l’amicale à Furchhausen. Là comme ailleurs, les bénévoles se sont battus pour conserver la collecte le vendredi soir, et non la déplacer un jour de semaine, afin de permettre aux travailleurs de venir.
« On a bataillé pour que ça reste le vendredi, car ça marche bien », relate la quadragénaire.
Les mairies soutiennent donc les amicales et celles-ci se mobilisent, à travers l’organisation de divers événements, pour compléter les fonds et offrir un repas digne de ce nom aux donneurs. « Pour la collecte annulée en novembre, on a de la chance sur un point : on n’avait pas fait de commande chez le boucher ou pour des tartes flambées », souffle Émilie Klein Bastian. Lorsque c’est le cas, bien que l’EFS indemnise les annulations de collectes, ces denrées risquent d’être perdues.
C.G.
Source DNA Pays de Saverne 21 mars 2026





