Les collectes de sang annulées en 2025 irritent dans les villages

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mer. 25 mars 2026

Beaucoup de collectes de sang ont été annulées autour de Saverne en 2025. Ces annulations, souvent au dernier moment, suscitent incompréhension et irritation dans les villages. L’Établissement français du sang évoque un manque de soignants et une diminution des dons.

Au bout du fil, le maire de Furchhausen Denis Hittinger peste contre les annulations de collectes de sang dans les villages alentour, dont le sien. Il a d’ailleurs évoqué la chose en conseil communautaire, en janvier.

Car en 2025, une vague d’annulations a frappé le secteur : onze collectes ont été concernées, d’après Bernard Linder, le président de l’association des donneurs de sang dans l’arrondissement de Saverne. Furchhausen le 21 novembre, Gottenhouse le 25 juillet, Haegen le 7 août, Waldolwisheim le 3 septembre, Dossenheim-sur-Zinsel, Dettwiller, Otterswiller, Reinhardsmunster, Wolschheim… Au total, cela représente plus de 300 poches de sang. « C’est énorme ! », s’exclame Bernard Linder.

Annulations tardives

En cause, selon l’Établissement français du sang (EFS) : le manque de personnel soignant et la baisse du nombre de donneurs. Mais ces arguments, tout entendables qu’ils soient, ne suffisent pas à apaiser pleinement la situation. « On fait un travail formidable sur le terrain et cela nous donne l’impression qu’on le sabote », se lamente Bernard Linder, qui développe : « Les amicales font un labeur de tous les jours pour trouver des donneurs, les fidéliser et les faire venir. Et on nous dit : non, demain, pas de collecte. »

Car ces annulations ont souvent eu lieu la veille ou l’avant-veille. Comme à Furchhausen, où la présidente de l’amicale des donneurs Émilie Klein Bastian ne cache pas son irritation : « J’ai été prévenue deux jours avant et on a reçu le SMS la veille », raconte-t-elle, avant d’ajouter : « Je pense que la moitié des donneurs ne sont pas allés ailleurs. »

Déception chez les bénévoles

Là réside l’inquiétude principale des bénévoles : « On perd des donneurs et c’est vraiment dommage », se désolent-ils. « Si les collectes étaient supprimées dans mon village, je donnerais moins, assurément », témoigne, en ce sens Pascal Griesbaecher, 51 ans, donneur régulier.

« Je ne comprends pas ces annulations, on entend souvent qu’on manque de sang », poursuit-il. Pour les villageois, le message envoyé est incohérent. « Ce qui me hérisse le poil, c’est que des bénévoles se mobilisent, les communes mettent des salles à disposition, chauffées en hiver, on prévoit des repas et deux jours avant, les denrées sont achetées… Et tout cela dans un contexte où l’on entend des campagnes publicitaires de plus de dix ou cent mille euros pour que les Français donnent leur sang », résume Denis Hittinger.

Manque de personnel médical

De son côté, l’EFS assure n’avoir pas eu le choix et être le premier perdant. « On a de gros problèmes de recrutement de personnel médical », avance Sandra Fremon, chargée du secteur de Saverne. « Nous sommes en deçà des 100 % des effectifs, aussi les absences inopinées peuvent nous amener à annuler les collectes. » Et de souligner qu’auparavant, toutes les solutions sont envisagées, comme chercher du personnel sur un autre bassin.

Autre raison avancée : la diminution du nombre de dons. D’après Sandra Fremon, beaucoup de collectes, aux alentours de Saverne, sont passées d’une cinquantaine de donneurs à environ la moitié. « Nous ne sommes pas censés collecter en dessous de 30 poches, pour des questions d’efficience. Vous comprenez, si la même équipe peut en collecter 60 ailleurs… » énonce-t-elle.

Le maillage territorial doit être revu

Enfin, les besoins en poches de sang diminuent depuis le Covid, complète-t-elle, car les hôpitaux travaillent différemment. « Là, on arrive à un palier », observe-t-elle.

Face à ces paramètres, l’EFS a réuni les amicales des environs à l’automne, afin de redessiner ensemble le maillage territorial. Objectif : regrouper davantage les collectes et éviter, de cette façon, qu’un tel défilé d’annulations se reproduise. « On ne veut surtout pas arrêter de collecter dans le bassin de Saverne, insiste Sandra Fremon. 80 % des produits qu’on collecte proviennent de nos collectes mobiles, en ruralité », détaille-t-elle.

Une réunion est prévue entre l’EFS et les représentants de la communauté de communes le 30 avril prochain, à Monswiller. La suite, donc, dans six semaines

 

Charlotte Gambert

 

Source DNA Pays de Saverne 21 03 2026

https://c.dna.fr/liseuse/67B/20260321